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L'annonce de l'infertilité

Le choc de l’annonce de l’infertilité


Dans le cas d’une grossesse qui tarde à venir, va être proposé au couple d’explorer les freins à cette maternité. En fonction du résultat des examens, seront proposées des solutions médicales.
En proposant au couple d’être aidé médicalement, est alors fait le diagnostic de l’infertilité du couple. Mais comment ce moment est-il vécu ? Comment l’appréhender ?

Le mot INFERTILE est reçu par le couple comme une gifle !


Cette annonce est toujours un moment très douloureux. Il vient signer et donc appuyer le fait que le couple a un souci ! Ce mot INFERTILE, est reçu par le couple comme une gifle. Et sa traduction est : nous avons un problème ! Vont alors se bousculer de nombreuses questions : Pourquoi nous ? Comment allons-nous faire ? Aurons-nous un enfant ? Cette nouvelle produit donc une sidération au sein du couple, qu’il va falloir tout d’abord digérer puis accepter.

Il est important de souligner que lors de l’annonce, va être posé un diagnostic, mettant en lumière les raisons de cette infertilité. Est-ce Madame qui a un souci, Monsieur ? Les deux ? Pour beaucoup, cette révélation est un double choc et pose problème car elle « rend » coupable celui qui en est atteint. Il ou elle va désormais porter cette responsabilité. Même si l’amour et la bienveillance règnent au sein du couple, peuvent naître des non-dits sur la question de l’infertilité. Il y a parfois des doubles discours : celui qu’on tient à son partenaire et celui qu’on entretient intérieurement.

Mais n’oublions pas les cas d’infertilités inexpliquées. Dans ce cas précis, il n’y a donc pas de diagnostic posé ! La culpabilité est d’autant plus grande, que la question de la responsabilité psychologique peut se poser. Il faut bien avoir en tête que les infertilités inexpliquées ne sont souvent pas uniquement une infertilité psychologique ! Il est très difficile pour un couple qui n’a pas de pathologie avérée, de s’entendre dire « eh bien alors c’est dans votre tête, n’y pensez plus et cela viendra ! ». Cela stigmatise encore plus et rend encore plus coupable le couple.

Du deuil à l’espoir : un cercle vicieux


Il est important de prendre en compte que lorsqu’un couple débute une PMA, il a déjà à son actif de nombreux échecs de grossesse. L’arrivée des règles marquent la fin d’un cycle et signe le fait qu’il n’y a pas de grossesse. Cela va générer chez la femme un sentiment de désespoir, de déception et d’échec.

Mais les règles marquent aussi le début d’un nouveau cycle qui donnera peut-être lieu à une grossesse, d’où le sentiment d’espoir qui va naître. En quelques jours, voire en quelques heures seulement, l’état d’esprit de la femme peut osciller et passer du plus bas au plus haut.

C’est d’ailleurs le cumul d’échecs qui peut finir par ébranler le couple et générer chez l’homme comme chez la femme un « état psychologique propre à l’état d’infertilité » ! L’entrée en PMA va donc générer un formidable espoir pour le couple, mais marquer également une nouvelle étape dans ce deuil : le deuil de l’enfant naturel.

Le désir d’enfant au centre de la vie du couple


La PMA qui est, comme nous l’avons vu, organisée et suivie ne laisse pas de place à l’inconnu. C’est donc avec un peu de tristesse, mêlée à l’espoir que les couples débutent les traitements. Ces sentiments ambivalents, vont faire désormais partie de la vie du couple, qui va découvrir les montagnes russes émotionnelles.

De surcroît, l’espoir que génèrent ces traitements à chaque tentative va aussi pousser le couple à se centrer de plus en plus sur la question de la maternité. Les couples vont se mettre à compter et calculer leur période de fertilité. Les femmes vont petit à petit apprendre à s’observer. Le moindre signe de grossesse va ébranler le couple, les jours de retard de règles deviennent longs et insupportables.

Le couple va organiser sa vie autour de ce seul événement ! Les vacances seront calculées en fonction des traitements ou d’une potentielle grossesse. Plus le temps avance et plus l’étau se resserre et la vie en dehors du projet d’enfant va être mise entre parenthèse.

Enfin, soulignons l’aspect du regard des autres sur cet échec qu’il soit verbalisé ou non d’ailleurs. Cependant, cet échec est compréhensible de tous.

CONSEILS


Il est important à l’annonce de l'infertilité de prendre du temps pour digérer, comprendre ce qui arrive et décider avec son partenaire ! Ce temps doit permettre la prise de conscience de ce qui vient de se passer : « Qu'est-ce que je ressens ? Où en suis-je ? Où en est mon partenaire ? … ».
Il ne faut pas perdre le contact avec l’autre. Notre ressenti n’est que notre ressenti, votre partenaire ne vit sans doute pas la même chose, ne ressent sans doute pas les mêmes émotions.
Nous ne pouvons pas plaquer notre vision sur l'autre, c'est pourquoi il est essentiel à compter de ce moment de rester en permanence connecté à l’autre car l’émotionnel et le ressenti sont évolutifs. Il faut également accepter que chaque individu avance à son propre rythme, et que parfois nous ne soyons pas d’accord sur toutes les décisions, et qu’il faut peut-être laisser du temps à l’autre pour qu’il chemine.
Nous ne prenons pas des décisions pour satisfaire l’autre mais avant tout pour être en accord avec soi.

Écrit par:

Deborah Schouhma​nn-Antonio Déborah Schouhma​nn-Antonio​,
Thérapeute, Coach de Vie, Formatrice

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