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Le Cycle Menstruel

Qu'est-ce que c'est ?


Le cycle menstruel dure environ 28 jours et permet l’ovulation c’est-à-dire la production d’un ovule (ou ovocyte ou œuf) susceptible d’être fécondé et de donner lieu à une grossesse. L’ovulation survient au milieu du cycle menstruel, soit environ au jour 12-14 du cycle. L’ovulation est précédée par une phase préparatoire ou phase folliculaire du cycle menstruel et suivie par la phase lutéale qui elle est indispensable à la nidation de l’embryon.

La phase folliculaire


La phase qui prépare l’ovulation ou phase folliculaire du cycle menstruel représente les 10-14 premiers jours du cycle.
A l’état basal – à la fin du cycle menstruel précédant ou après un traitement hormonal – l’ovaire compte un certain nombre de follicules en attente – mesurant 2-9mm -. Ce sont les follicules antraux. Le nombre de follicules antraux présents à un moment donné – compte de follicules antraux (CFA) – reflète la réserve ovarienne. Chez une femme âgée de 20 à 40 ans, le CFA est normalement compris entre 10 et 30 (cumul des deux côtés). Pendant la période inter-cycle, un signal émanant du cerveau – hypothalamus et hypophyse – initie le début du nouveau cycle menstruel.
Ce signal qui est une légère élévation de l’hormone FSH produite par l’hypophyse agit sur les follicules en attente (les follicules antraux), et initie leur croissance. Dans les conditions normales, un seul des follicules antraux va se développer jusqu’au stade de l’ovulation – on parle de follicule dominant – alors que les autres, les plus petits, dégénèrent – on parle d’atrésie – et sont définitivement perdus. Le processus de sélection et de croissance du follicule dominant dure 10-14 jours, en général 11-12. C’est la phase folliculaire.
La croissance du follicule dominant se termine par un évènement hormonal – le pic LH – qui déclenche l’ovulation. Le pic LH est associé à des taux hormonaux suffisamment élevés pour être détectés dans l’urine du matin par test effectué sur des bandelettes (virement au bleu indiquant le pic LH). En règle générale, – La sortie de l’ovule ou ovocyte (œuf) de l’ovaire – se produit 36 heures environ après le début du pic LH. La détection du pic LH dans l’urine du matin peut donc permettre d’optimiser le moment des rapports sexuels dans le but de procréer.

La phase lutéale


Après l’ovulation, le follicule qui a donné l’ovule ou ovocyte (œuf) susceptible d’être fécondé et l’embryon capable de s’implanter va subir des transformations l’amenant à produire l’hormone de la grossesse, la progestérone. Le follicule ainsi transformé s’appelle alors corps jaune. Le corps jaune est un organe très vascularisé qui est identifiable à l’échographie.
La production de progestérone dure 12-14 jours en l’absence de grossesse. Si l’embryon s’implante et que la patiente est enceinte, l’hormone produite par l’embryon – l’hCG (sert au test de grossesse) – maintient l’activité du corps jaune pendant 6-8 semaines environ. L’hCG produite par l’embryon qui s’est implanté induit une augmentation de la production de progestérone.
Vers 8-10 semaines de grossesse, la progestérone est exclusivement produite par le placenta et ceci demeure ainsi jusqu’à la fin de la grossesse. La fonction du corps jaune n’est plus indispensable au-delà du 1er trimestre de la grossesse.

Cycle menstruel et règles


Dans le cycle menstruel – avec ovulation, mais sans grossesse – la production de progestérone par le corps jaune dure 12 jours environ et s’interrompt ensuite. L’arrêt de la progestérone après une exposition préalable de la muqueuse de l’utérus – endomètre – à la progestérone occasionne la desquamation de la muqueuse et un saignement privatif, les règles.
La survenue des règles est donc le résultat du cycle menstruel et du phénomène ovulatoire. C’est un saignement utérin normal survenant après l’ovulation et donc exposition de la muqueuse utérine a la progestérone.
Toute autre forme de saignement utérin pouvant survenir est un phénomène anormal – on parle de saignement dysfonctionnel – hormis le saignement privatif qui survient dans les traitements hormonaux mimant le cycle menstruel.
L’arrêt de la progestérone déclenche aussi des contractions de l’utérus qui participent au contrôle du saignement utérin. Ce contrôle normal du saignement par les contractions utérines est responsable du fait qu’en principe il n’y a pas d’activation de la coagulation – pas de caillots – pendant les règles
Outre leur régularité – d’où leur nom – les règles sont aussi caractérisées par le profil de saignement. Typiquement, les règles augmentent jusqu’à un maximum puis diminuent et s’arrêtent. Tout autre profil – par ex augmentation, diminution et ré-augmentation – est le signe d’un saignement utérin dysfonctionnel.
Lorsque les règles sont accompagnées de caillots, la situation est anormale. Cela peut résulter de problèmes anatomiques – par exemple fibromes – qui interfèrent avec la bonne contraction de l’utérus. Des caillots sont aussi rencontrés dans une condition particulière, le saignement anovulatoire. On parle alors de cycles anovulatoires.
Dans le cycle anovulatoire, la croissance de la muqueuse utérine se poursuit sous l’action des estrogènes – estradiol ou E2 – sans que la progestérone – absence d’ovulation – viennent transformer la muqueuse. La muqueuse prolifère alors excessivement, devient fragile et saigne par intermittence.
Ce tableau peut donner la fausse impression de cycles et de pseudo-régularité, d’où le terme de cycle anovulatoire. Le traitement est celui d’une substitution hormonale.

Écrit par:

Dominique De Ziegler Pr Dominique de Ziegler,
Consultant universitaire dans le service de gynécologie ,
Hôpital Foch

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