fiche precedente fiche suivante
facebook
twitter
linkedin
ovocyte

Age et fertilité du couple



En France, la procréation médicalement assistée (PMA) est régie par la loi de bioéthique datant de 2004. Afin de suivre les avancées de la médecine et de la science, la loi est révisée tous les sept ans. Cette loi ne fixe aucune limite d’âge à la PMA, qui est prise en charge à 100% par la sécurité sociale. Cependant, les remboursements des soins et des bilans sont effectués jusqu’au 43ème anniversaire de la patiente .


POURQUOI ?

1. Age de la femme et fertilité



La fertilité de la femme est considérée comme étant maximale aux alentours de 25 ans . Au-delà, elle commence à chuter progressivement et s’effondre vers 38 ans. Après 42 ans, les chances de grossesse sont minimes. A 45 ans, les grossesses spontanées sont exceptionnelles. Parallèlement, le risque que la grossesse n’atteigne pas son terme augmente avec l’âge. En effet, plus l’âge de la mère est élevé, plus le risque de fausse couche augmente. A partir de 43 ans chez la femme, il convient donc à la patiente et à son médecin d’évaluer la balance bénéfices-risques avant de débuter un protocole de PMA. Celui-ci sera alors payant et non-remboursé par la sécurité sociale.

graph des pourcentage par age graph des pourcentage par age

Comment l’âge influence-t-il la fertilité de la femme ?


L’âge peut avoir plusieurs effets néfastes sur le fonctionnement de l’appareil reproducteur féminin. En effet, les études scientifiques révèlent que l’âge influence la production hormonale, la réponse immunitaire et inflammatoire ou encore la multiplication cellulaire.


Ovocyte

La qualité de l’ovocyte. Les faibles chances de grossesse chez les femmes âgées de plus de 40 ans sont associées à une altération de la qualité des ovocytes. En effet, le risque que les ovocytes présentent un nombre anormal de chromosomes et des mutations génétiques augmente avec l’âge. Ceci est associé à la réduction de la production d’antioxydants et l’augmentation de la libération de molécules oxydatives mutagènes.

phase lutéale

Les anomalies de la phase lutéale. Après l’ovulation le corps jaune assure une production de progestérone au cours de la phase lutéale. Avec l’âge cependant, il est observé que le corps jaune produit de moins grandes quantités de cette hormone, qui joue pourtant un rôle clé lors des stades précoces de la grossesse (maturation endométriale, implantation de l’embryon, nutrition embryonnaire).

endomètre

La maturation de l’endomètre. L’âge de la femme ralentit le processus de prolifération cellulaire. Cela est associé à une hausse de la sénescence cellulaire (perte des fonctions des cellules). Ce phénomène est responsable d’une diminution de l’épaisseur de l’endomètre. Pourtant, l’implantation embryonnaire nécessite que l’endomètre ait atteint une épaisseur optimale.

immunotolérance

L’immunotolérance vis-à-vis de l’embryon. Avec l’âge, la réponse immunitaire et inflammatoire de l’organisme est perturbée. Pourtant, elle joue un rôle fondamental au cours de la grossesse, le corps de la mère devant s’adapter à l’implantation. Ainsi, l’âge perturbe la réponse immunitaire de l’endomètre vis-à-vis de l’embryon : l’immunotolérance est altérée et l’endomètre accepte mal l’embryon.

fonction placenta

La fonction hormonale du placenta. Récemment, il a été observé que la mise en place de la fonction hormonale (notamment la production d’œstrogènes et de progestérone) est retardée dans les placentas de femmes plus âgées. Cela induit des défauts de vascularisation à l’interface placenta/utérus : celles-ci peuvent être à l’origine de la survenue de fausses couches.

L’âge a donc des effets délétères sur l’ensemble de l’appareil reproducteur féminin : qualité ovocytaire, production hormonale, maturation de l’endomètre, immunotolérance et fonction placentaire sont altérées. Ces effets peuvent être à l’origine de la réduction des chances de grossesse et l’augmentation des risques de fausses couches chez la femme âgée de plus de 42 ans.


L’âge du père influence-t-il également l’évolution de la grossesse ?

2. Age de l’homme et fertilité



Chez l’homme, le « pic de fertilité » a lieu entre 30 et 34 ans. Au-delà, la fertilité commence à diminuer, bien que cette chute soit beaucoup moins prononcée que celle observée chez la femme. La fertilité masculine entame une chute significative dès 45 ans. Ainsi, 78% des hommes de moins de 35 ans parviennent à concevoir un enfant dans un délai de 6 mois. Seuls 58% des hommes de plus de 35 ans y parviennent.


Comment l’âge influence-t-il la fertilité de l'homme ?


production-hormonale

La production hormonale. Avec l’âge, il est observé une dérégulation de la fréquence et des taux de production des hormones LH et FSH libérées par l’hypophyse. Parmi les conséquences, on observe une réduction du nombre de cellules de Leydig dans le testicule, induisant une réduction de la production de testostérone. Ce phénomène s’observe dès 40 ans.

production-spermatozoides

La production de spermatozoïdes. L’âge est associé à une réduction du nombre de cellules de Sertoli qui produisent les spermatozoïdes dans le testicule. Ces effets sont associés à une augmentation de la mort cellulaire et à une diminution de la prolifération des cellules. Ainsi, à partir de 50 ans un homme produit 30% de spermatozoïdes en moins chaque jour.

paramètres-spermatiques

Les paramètres spermatiques. Chez l’homme de 50 ans, il est donc observé une diminution du nombre de spermatozoïdes produits. Outre ces effets, il est mis en évidence une réduction de la mobilité et des altérations de la morphologie des spermatozoïdes. Les anomalies de l’ADN spermatique sont également fréquentes chez l’homme de plus de 40 ans.

hyperplasie-prostate

L’hyperplasie bénigne de la prostate. Avec l’âge, la prostate augmente de volume. Cela peut être associé à une réduction du volume de sperme. En effet, la prostate participe à la production du liquide séminal, le composant principal du sperme. Celui-ci est riche en fructose, protéines, zinc, oligo-éléments… indispensables à la survie des spermatozoïdes.

évolution-grossesse

L’évolution de la grossesse. Chez l’homme âgé de plus de 40 ans, le pouvoir fécondant des spermatozoïdes est altéré. Cela est associé à une réduction du nombre d’embryons atteignant le stade blastocyste. Le taux d’implantation des embryons est lui aussi altéré, les chances de grossesse sont réduites.

Contrairement aux idées reçues, l’âge de l’homme influence également la fertilité du couple. Au-delà de 40 ans, la production des hormones sexuelles, la quantité de spermatozoïdes produits et le pouvoir fécondant des spermatozoïdes est altéré. Cela peut induire une réduction des chances d’implantation embryonnaire. Ainsi, bien qu’il n’existe pas à proprement parler une « andropause ou ménopause masculine », l’âge de l’homme peut influencer les chances de grossesse.


Écrit par:

Fabien Duval Fabien Duval, Ph.D
Biologie de la reproduction et du développement
Wistim

Articles sur le même thème